Qui ne connait pas le fameux slogan "Big Brother is watching you", littéralement, Big Brother vous regarde ? Cette accroche qu'on doit et retrouve dans 1984 de George Orwell. Bien qu'il ait écrit le livre en 1949, nous pouvons dire que l'auteur avait une vision du future qui ne laisse pas les lecteurs d'aujourd'hui indifférents. En effet, lors de la lecture de ce roman des éléments de réflexions divers m'ont renvoyé à la société actuelle, car bien que ce soit une dystopie, certains points que j'ai relevé sont, à mon avis, d'actualité ou en cours. Et avant de les développer, autant commencer par une courte présentation du roman.
Bref résumé du livre :
Dans le roman, le monde est constitué de trois grands États : l'Océania (qui regroupe tous les pays anglophones dont le Royaume-Uni et l'Irlande), l'Eurasia (le reste de l'Europe et l'URSS) et l'Estasia (grosso modo, l'Asie). Ces trois États sont dirigés par un régime totalitaire et se font la guerre entre eux. L'histoire prend place à Londre, 1984. Les citoyens de l'Océania sont tous surveillés par le chef du seul Parti qui règne sur cet État : Big Brother. Cette surveillance se fait par des micros, des caméras, ainsi rien n'échappe alors au Parti. Tout est dicté sur la manière dont les individus doivent se conduirent, qui haïr (particulièrement Goldstein qui est l'opposant du Parti), voire même les enfants qui apprennent dès leur plus jeune âge à dénoncer afin de bien se faire voir, quitte à trahir un membre de la famille. Bien qu'aucune loi règne sur cet État, le Parti réprouve le désir sexuel en endocrinant les jeunes filles que c'est leur devoir de se procréer, et donc bien entendu les mariages où deux personnes s'aiment sont interdits.
Le personnage centrale est Winston Smith, 39 ans, qui travaille au ministère de la Vérité et dont son rôle consiste à modifier l'écriture du passé afin de le corresponde à la version officielle du Parti. L'évènement d'où tout est parti est lorsqu'il lui a été demandé, ainsi qu'à ses camarades, de s'assurer que plus aucune preuve écrite d'alliance existe entre Océania et Estasia. Le pouvoir de propagande du parti ne fait plus son effet sur Winston, et celui commence à penser par lui-même, à réfléchir et comprendre que le Parti ne cherche qu'à les manipuler. Sur quoi d'autres le Parti a-t-il pu manipuler ? Bien que Winston sait qu'il est observé et écouté, il cherche cependant à savoir si la Fraternité, le réseau clandestin crée par Goldstein et destiné à la chute de l'État, existe vraiment. Winston, sachant les risques encourus, décide de noter ces pensées, et les faits afin d'en garder une trace écrite et que cela fasse sens plus tard.
Winston comprend qu'il doit rester discret dans sa démarche et ne peut faire confiance à personne dans cette société au risque de se faire dénoncer. Pourtant, lorsqu'il rencontre Julia, 27 ans, il va s'en méfier d'abord de peur que ce soit une espionne jusqu'au jour où elle lui glisse un mot. Il va vivre avec elle une relation amoureuse clandestinement. Tous les deux vont devenir des rebelles, mais assez discrets pour ne pas faire attraper... ou presque.
Bref, je ne vais pas rentrer dans le fond de l'histoire et dire ce qu'il s'y passe non plus.
Les points soulevés :
Les différents éléments durant cette lecture qui m'ont renvoyé à la notre société sont, d'une première part, le slogan "Big Brother vous regarde". En effet, celui-ci ramène à l'époque où débutait la télé réalité avec Loft Story (des micros et des caméras cachés partout) qui m'avait déjà fait pensé alors à une forme de voyeurisme. Puis aujourd'hui, avec la géolocalisation de tous nos appareils multimédia, sauf si nous ne l'activons pas ou, encore mieux, que nous soyons assez débouillard pour cacher le VPN et ainsi rester discret sur notre localisation. Sans oublier les réseaux sociaux qui peuvent être un outil avantageux comme désavantageux puisque lorsque nous postons des photos ou autres, nous pouvons une fois de plus partager le lieux où nous nous trouvons ou non. En gros, nos mouvements, déplacements sont d'une certaines facon observables. Et pour finir avec ce point, les données que nous transmettons pour diverses raisons et qui sont partagés.
Le deuxième point concerne la modification du passé, de l'Histoire. En effet, dans le roman Wilson comprend que ses camarades, les citoyens et lui-même ont été manipulé par la ré-écriture du passé. Pourquoi modifier l'Histoire si ce n'est pour manipuler les individus ? Là où je souhaite en venir, c'est avec la situation actuelle aux États-Unis, voulant censurer tout ce qui a trait à l'esclavagisme, si ce n'est effacer cette partie historique de leur passé. Dans quel intérêt ? Faire oublier aux personnes d'origine africaine une partie de leur passé culturel, ce que leurs ancêtres a vécu pour qu'ils soient libres ? Que rien n'est arrivé, que ceci est comme une légende urbaine ? Ou est-ce pour effacer la honte des blancs (du moins de ce que nos ancêtres auraient commis) ? Il est vrai par la suite que des mouvements utilisent la censure comme un outil pour effacer, éradiquer des passages. C'est notamment le cas avec Autant en emporte le vent, mais je reviendrais sur ce sujet de la censure comme de ce livre et version cinématographique plus tard.
Au moins que cette censure soit faite pour donner un sens d'égalité entre ethnies, mais une fois de plus je ne vois pas l'intérêt car, comme l'a cherché à faire comprendre G. Orwell, l'histoire d'une société est importante si nous souhaitons mieux l'appréhender, savoir d'où venons, etc.
Pour terminer, je souhaiterai parler du langage, le Newspeak (je l'ai lu en version orginale) ou novlangue. Certes dans le roman, c'est l'État qui contrôle la langue, diminuant ainsi le nombre de mot, contractant certains d'entre eux, voire en faire disparaitre ou encore certains avaient deux sens selon le contexte dans lequel le personnage se trouvait. De cette manière, les personnages se retrouvent avec moins de vocabulaire, et donc moins à réfléchir. Non, je ne pense pas que cela soit comparable à notre société, mais ceci-dit, j'ai remarqué que les plus jeunes générations, selon le milieu social, parle de temps à autre comme ils écrivent leurs messages, c'est-à-dire en abrégé. Et de toute facon, avec les quatre types de langages que nous trouvons en francais, nous en sommes loin, mais je trouvais ce point intéressant par là. De plus, avec la richesse de pouvoir parler une ou deux langues étrangères, ou tout simplement du aussi à l'immigration, il est assez courant aujourd'hui d'entendre des "mots étrangers", des experessions, dans le francais parlé.
Et vous, si vous avez lu le roman, qu'est-ce qui vous a surtout marqué ? Si non, livre lu ou non, pensez-vous qu'on a le droit d'effacer une partie du passé quelque soit la raison ? Que pensez-vous du slogan "Big Brother vous regarde"?

